LUDMILA ARMATA: ONE SIDE BETTER

Communiqué de presse

LUDMILA ARMATA: ONE SIDE BETTER
Mar 6 – Mar 23, 2014

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TEXTE D'EXPOSITION

One Side Better

L'exposition de Ludmila Armata à la Galerie D'Este intitulée One Side Better constitue un univers gestuel, structuré et évocateur, comprenant une vingtaine d'oeuvres sur papier datées de 2013 et 2014. Armata, dont le talent pour la gravure est indéniable, nous propose des eau-fortes et aquatintes d'où s'échappent des ambiances distinctes et changeantes ainsi que des flux d'énergie qui se repoussent et se rejoignent. Le travail de Ludmila Armata nous plonge dans un récit sur le caractère procédural de son art.

Armata joue avec les lignes et textures afin de créer des atmosphères en tension. L'énergie dans ses oeuvres est abstraite et réflète la beauté de la matière en mouvement. Ces forces sont des allégories de l'esprit humain.

Les points de vue et les perspectives sont toujours multiples. BIXI I & II (2013), une oeuvre marquante de la série, est inspirée du système de vélos en libre-service à Montréal. Ce dyptique, créé à l'aide de pneus de bicyclette d'où résultent des effets de superposition et des traces répétitives sur la plaque d'acier, présente des variations subtiles semblables à une oeuvre peinte avec un pinceau. BIXI I & II nous rappelle l'action painting de Jackson Pollock ainsi que le caractère spontané de la calligraphie, en faisant un clin d'oeil à la performance. L'élément distintif est le temps dont les densités varient, construisant des rythmes visuels saccadés. Nous avons l'impression que BIXI I & II est un fragment d'une oeuvre de très grand format toujours en formation.

Aperture (2013) rappelle le Pop Art, entre l'abstraction brut de Franz Kline et la touche animé de Roy Lichtenstein. Produite selon les techniques d'eau-forte, de pointe-sèche et d'aquatinte, cette oeuvre possède les mêmes caractéristiques que l'on retrouve dans les estampes prisées de Ludmila Armata. Toutefois, les contrastes entre l'ombre et la lumière sont de champs d'énergie magnétique tels des forces symboliques qui s'attirent et se rejettent. Cet effet de formes noircies est aussi présent dans Windbreaker (2013) réalisé à l'Atelier Circulaire au cours d'une résidence. La référence au mouvement dans les oeuvres de la série One Side Better est une métaphore visant à mettre en lumière les énergies universelles et le cheminement de l'âme humaine. Les variations de clair et d'obscur représentent le bon et le mauvais. Une force attire l'autre et vice-versa. Les noirs profonds dans les oeuvres ajoutent une dimension fantaisiste au langage spontané et abstrait de Ludmila Armata.

Dans cette nouvelle série, Armata s'inspire du thème canadien des changements atmosphériques, du climat et de l'espace du paysage. View – One Side (2013) et View – Other Side (2013) présentent de façon évidente le paysage canadien. Il se dégage des oeuvre une impression persistante de vide atmosphérique et de beauté diffuse, omniprésente et insaisissable. Les paysages métaphoriques presqu'abstraits montrent ainsi une forêt fantômatique et l'horizon qui s'efface. Ces estampes présentent des significations profondes en lien avec la vie et la mort, et la nature éphémère qui se transforme au fil du temps. Dans Post-Factum (2014), la forêt est rasée, des souches sont dispersées dans l'espace. À qui appartient cette terre ? Quel est le contexte ? Quelle nature ? Où ?

Intercontinental (2014) nous présente les forces de la nature, une ligne géologique du temps, le recul sur la vie. Tandis que les effets de clair/obscur nous rappellent ceux de vieilles photographies du 19e siècle, les oeuvres s'inscrivent plutôt dans le processus géologique et biologique.

Coagulation (2014) a l'apparence d'une étude abstraite microscopique, mais est inspiré d'une vue macroscopique de la formation de glace sur l'Océan Artique dont Ludmila Armata a été témoin lors d'une résidence à l'Île Baffin. Telle la naissance d'une étoile dans le ciel, le mouvement et la finesse se dégagent de RomaNova (2013). L'énergie circule vers le haut depuis le centre dense pour devenir de fins traits qui disparaissent dans l'espace de la surface du papier. Dans Stratocumulus (2013), le mouvement énergétique se manifeste toujours dans l'espace allégorique. Dans Bridge (2013), les traits s'unissant et se dissociant, représentent un pont fait de lignes qu'Armata dessine avec une grande gestualité.

Représentant une ville ou un corps ensanglanté où les rues ou artères scillonnent, Rendered (2013) est une agglomération de lignes et de textures qui définissent un organisme dynamique. Créée selon les procédés d'aquatinte et de pointe sèche sur papier Arches, Rendered est une oeuvre marquante de One Side Better.

Rappelant les gravures de David Hockney, Cheating Game (2014) est caractérisé par son aspect primitiviste. Autour des formes pouvant être perçues comme des mains ou des arbres, se trouvent des feuilles ou des masses tombantes. Le temps laisse sa trace dans les détails, dans la délicatesse du mouvement ainsi que dans notre imaginaire.

L'artiste guide la composition dans Assemblage for Landscape (2014), mais ne contrôle pas entièrement le procédé et le résultat final à la façon d'Andy Goldsworthy dans ses gravure sur le thème de la neige (où la neige qui fond affecte la forme finale). Des apparences de taches d'eau et d'agglomérations sur la surface construisent une dialogue abstrait avec le monde matériel; la manière dont la nature transforme le monde nous entourant.

Armata nous propose une énigme visuel dans One Stone (2013), délimitant le mouvement d'une pierre à travers l'espace. De cette oeuvre idiomatique se dégage une présence. La série d'Armata, One Side Better, nous rappelle l'essence épigraphique des éléments. Le travail de cette artiste démontre une grande profondeur et vitalité. Elle se donne coeur et âme dans l'élaboration de son propos qu'elle diffuse par le biais du langage de la gravue.

-         John K. Grande

(Traduction libre)