CYNTHIA DINAN-MITCHELL : Lueur de minuit

Communiqué de presse

CYNTHIA DINAN-MITCHELL : Lueur de minuit
May 3 – May 27, 2018

 

Galerie D’Este est heureuse de présenter la deuxième exposition solo de la peintre Cynthia Dinan-Mitchell, intitulée Lueur de minuit / Midnight Glow. Si à première vue les œuvres de Cynthia Dinan-Mitchell paraissent décoratives en raison de leurs compositions ornementales, une observation plus étroite révèle, en revanche, des amalgames de jeux entre les symboles et les références liées à l’histoire de l’art. Comme les peintres de nature morte de l’âge d’or hollandais, ses œuvres sont également munies d’un vocabulaire visuel de crânes, de fruits, d’oiseaux et de symboles du passage du temps, tels que Pink Petals (2017). Toujours dans l’esprit des anciens maîtres de vanités, elle emploie des symboles semblables pour, entre autre,  souligner la qualité éphémère de la vie et pour représenter des regroupements d’objets et d’éléments naturels, comme la faune et la flore, qui paraissent mutuellement incongrus. En effet, des oiseaux exotiques s’allient avec des fils électriques, et des lampes de bureau rétro se joignent à des crânes de bélier et des microphones radio, tout comme ces tableaux hollandais du dix-septième siècle, où l’on retrouve certaines fleurs qui fleurissent à différentes périodes de la saison dans un même bouquet. Ainsi, l’œuvre de Cynthia Dinan-Mitchell juxtapose différents objets afin de créer des compositions idéalisées qui font allusion à l’intervention de l’homme dans l’ordre naturel des choses.
 
Il est indéniable que la réunion de ces symboles divergents et les références à l’histoire de l’art qui figurent dans ces œuvres poussent à la réflexion intellectuelle. Toutefois, ce qui est admirable est d’abord et avant tout la qualité matérielle de ces œuvres. Les natures mortes semblent surgir des ténèbres, illuminées comme les découvertes merveilleuses qu’elles le sont. Soit par lampe électrique ou à l’huile, notre regard est attiré d’abord par les globes lumineux, ensuite par les objets illuminés. Si ces œuvres demandent notre attention, elles nous offrent en échange l’opportunité de réfléchir aux liens éclectiques qui y figurent. On ressent le ralentissement du temps et on retrouve le calme, où il est possible de respirer profondément et de savourer les plis sinueux des pétales des fleurs, ou le plumage multicolore des oiseaux de paradis. Sous un angle plus sombre, on perçoit la vie, la mort et la renaissance dans cet espace nébuleux de sorte que les qualités à la fois belle et éphémère de ces mêmes fleurs nous reviennent à l’esprit.
 
- Julie Boivin, PhD, historienne de l'art
 
Née en 1977 à Québec (Canada), Cynthia Dinan-Mitchell détient un baccalauréat du programme Studio-Art de l’Université Concordia et une maîtrise en arts visuels de l’Université Laval. Lauréate de nombreux prix et bourses, elle a participé à des expositions individuelles et collectives à travers le Canada et les États-Unis, notamment au Musée national des beaux-arts du Québec en 2015. En 2016, elle a été sélectionnée pour un projet d’intégration des arts à l’architecture (Politique du 1 %) au Centre hospitalier de l’Université de Montréal.